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Rapport Villani : 5 propositions concrètes et articulées à retenir


Technologie : Secteurs clés, plans pour retenir les cerveaux et forger de nouveaux outils, réflexion sur l'éthique et les données publiques ; voici les points clés que défend Cédric Villani pour doper la France à l'Intelligence Artificielle. Côté financement en revanche, on repassera.

C'est un pavé de 235 pages très attendu qui a été rendu public hier soir. Le rapport Villani, du nom du député mathématicien émérite en charge de sa rédaction, doit permettre au gouvernement de mettre en place une feuille de route de l'Intelligence Artificielle.

 

Le rapport reprend les thématiques proposées à la consultation publique à la fin de l'année dernière en vue de la rédaction du document. Voici quelques éléments structurants du texte.

1. Prioriser sur la santé, l'environnement, les transports-mobilités et la défense-sécurité

C'est un point clé du rapport Villani. Le député recommande de prioriser les efforts de développement de l'IA sur quatre secteurs économiques. Santé, environnement, transports-mobilités et défense-sécurité sont ces domaines jugés prioritaires. Pourquoi ces domaines là ? « Il est encore possible de faire émerger des acteurs d'excellence » dans ces secteurs note le rapport.

2. Travailler avec le matériel qui va bien

Mais entraîner l'IA suppose d'utiliser une infrastructure performante, et conséquente. Surtout que l'environnement concurrentiel des GAFA exige de monter en puissance pour faire face à Google et autres Facebook. Le rapport propose donc la mise en place "d'un supercalculateur conçu spécifiquement pour les applications d'IA, dédié aux chercheurs et à leurs partenaires économiques dans le cadre de projets communs".

Idéalement, ce supercalculateur adapté à l'IA ne n'utiliserait que des technologies européennes. Impossible ? Les Chinois l'ont fait dit le rapport, citant le supercalculateur Sunway TaihuLight, dont les composants sont 100 % chinois.

3. Retenir les cerveaux

Après le matériel, les cerveaux. Autre point saillant du texte, la nécessité de rapprocher les mondes universitaires et économiques. Le texte fait la proposition de "fluidifier les interfaces entre disciplines et entre la recherche académique et le monde industriel, favorisant la transformation rapide des idées en preuves de concept (POC), en applications scientifiques, en avancées technologiques et en propriété intellectuelle".

En creux, cela permettrait d'éviter que les cerveaux français et européens ne soient attirés par les sirènes de Facebook et autres Microsoft, et ne partent s'installer outre-Atlantique.

4. Mettre en place des contraintes éthiques

"Avec l'essor de l'IA, les questionnements éthiques sont aujourd'hui sur toutes les lèvres : chercheurs, syndicats, entreprises, associations" note à très juste titre le rapport. Le texte recommande donc l'instauration d'un "Comité consultatif national d'éthique pour les technologies numériques et l'intelligence artificielle". Une structure identique existe déjà en Allemagne (lire Intelligence artificielle : l'éthique est-elle soluble dans l'économie ?).

5. Accélérer avec les données publiques et la commande publique

Un autre axe du rapport concerne une ouverture plus grande de l'utilisation des données publiques. "Il est primordial de mettre à la disposition de tous (...) à horizon 2019, les données publiques disponibles" mentionne le rapport. L'idée ? Mettre en place des chantiers de "rénovation mutualisée de l'habitat", ou encore de "valorisation des déchets des particuliers et des industriels".

Côté service public toujours, le rapport recommande la nomination d'un haut délégué à l'IA. Son rôle ? « cette personnalité aurait pour rôle de coordonner l'action gouvernementale et de constituer l'interface entre les secteurs public et privé ». A noter que les britanniques montrent la voie dans ce domaine. Ils passent par un Office for AI pour stimuler la commande publique notamment sur les sujets de l'innovation et de l'Intelligence Artificielle. En France, la commande publique est estimée à près de 70 milliards d'euros annuels, toutes structures confondues.

Où sont les sous ?

Manque étonnant, et volontaire, du rapport, le texte ne s'attarde en rien sur les capacités et moyens de financement des recommandations. "On a fait ces calculs, et plutôt trois fois qu’une, a assuré M. Villani au Monde. "Mais on ne voulait pas qu’ils soient dans le rapport pour éviter que l’expression publique se précipite dessus" dit le député.

Lors du quinquennat précédent le chef de l'Etat s’était engagé à débloquer une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur dix ans. Ce jeudi, à l’occasion d’un sommet sur l’IA organisé au Collège de France, le président Emmanuel Macron doit présenter son plan pour l’intelligence artificielle. Avec peut-être quelques chiffres concrets à la clé.

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1 réponse
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  • Ah c'est sûr que l'IA va sauver la France.
    Comme si les chômeurs et les retraités en avaient quelque chose à foutre.
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