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Où va le très haut débit en France ?

Les points de mutualisation, maillons faibles de notre infrastructure en fibre optique ?


Réseaux : Les Points de Mutualisation de Zone, auxquels sont raccordés jusqu'à 360 abonnés à la fibre optique, sont très peu protégés. Ne sont-ils pas aujourd'hui un point de vulnérabilité pour une infrastructure essentielle à notre économie ?

Il y a quelques jours, alors que je descendais une rue de la petite ville d'Orsay pour me rendre de la gare du RER à mon lieu de travail, j'ai eu la surprise de tomber sur ceci :

Un PMZ Orange grand ouvert à Orsay fin janvier 2018
Source Pierre Col

Il s'agit d'une armoire de raccordement à la fibre optique, également appelée PMZ - Point de Mutualisation de Zone - dans le jargon des opérateurs, et elle était ouverte à tous les vents, au lieu d'être correctement fermée à clé. Un individu malintentionné aurait pu, en une minute, arracher tout ce qui était accessible, et cet acte de vandalisme aurait privé d'accès Internet de nombreux foyers et entreprises durant de bien longues heures.

J'ai refermé la porte, bien entendu sans pouvoir la verrouiller, et me suis trouvé fort démuni : comment signaler cette anomalie à Orange pour qu'un technicien vienne rapidement sécuriser ce PMZ ? Il y a bien une étiquette qui l'identifie, alors pourquoi ne pas apposer aussi un autocollant "En cas d'anomalie merci de nous avertir en appelant le 0 800 PQ MC DU" ?

l'étiquette d'identification d'un PMZ Orange
Source Pierre Col

Ayant cherché la solution, je vous signale qu'à défaut de numéro de téléphone il existe au moins un site web permettant de faire un signalement à Orange : dommages-reseaux.orange.fr

Il ne faut pas hésiter à utiliser ce dispositif  d'alerte, car il arrive régulièrement que des PMZ soient grands ouverts. Exemple ici à Besançon, où une armoire signalée ouverte en novembre 2017 par un conseiller municipal, Laurent Croizier, est pourtant restée non sécurisée durant 2 mois !

Un PMZ Orange grand ouvert à Besançon de novembre à janvier 2018
source Laurent Croizier

Ces incidents nous rappellent qu'aujourd'hui encore, selon une formule dont je ne me lasse pas ;-) "Internet est globalement robuste et localement vulnérable". C'est notamment le cas des PMZ, situés dans l'espace public, souvent sur des trottoirs ou le long de murs : ils peuvent être défoncés par des camions qui manœuvrent imprudemment ou même incendiés, comme le montrent cette photo partagée hier par LaFibre.Info sur son compte Twitter :

 

Un PMZ incendié en février 2018
source LaFibre.Info

Autre exemple avec cette image navrante diffusée le 23 janvier par Orange Bourgogne Franche-Comté via son compte Twitter après un incendie volontaire à Besançon.

Un PMZ Orange incendié à Besançon en février 2018
source Orange Bourgogne Franche-Comté

En 2007, il y a donc plus de 10 ans, Free et d'autres opérateurs avaient alerté l'ARCEP sur les risques inhérents à la vulnérabilité de ces points de mutualisation disposés dans l'espace public. Vous pouvez retrouver sur le site de l'ARCEP les contributions de ces acteurs (fichier ZIP) à une consultation du régulateur, dont voici deux extraits :

la réponse de Free à l'ARCEP en 2007
une réponse à la consultation de l'ARCEP en 2007
source Alexandre Archambault

En définitive, c'est l'approche des "PMZ sur le trottoir" qui a été privilégiée par le régulateur, qui assume pleinement ce choix... mais peut-être faudrait-il maintenant, face à la réalité du terrain, que les opérateurs, et leurs sous-traitants qui interviennent pour le câblage des fibres optiques, prennent la mesure du problème et imaginent un plan de sécurisation de ces infrastructures, et les procédures rigoureuses qui devraient accompagner un tel plan ?

Bien entendu, les fibres optiques elles-mêmes peuvent subir des agressions variées, causées accidentellement par une ancre de bateau, une pelleteuse, un pêcheur, un viticulteur, un écureuil, une grand-mère, ou par des événements climatiques tels qu'une tempête ou encore un incendie. Mais ces fibres, qu'elles soient déposées au fond des océans, enterrées le long de nos routes et rues, ou même déployées en mode aérien avec des poteaux, semblent moins exposées que les centaines de PMZ qui se trouvent dans nos rues...

@PierreCol    

 

Pierre Col

A propos de Pierre Col

Pierre Col a 30 ans d'expérience dans le logiciel, les réseaux et Internet, chez des éditeurs de logiciels et fournisseurs de services web, notamment Infogrames, CosmosBay, Jet Multimédia, UbicMedia, CogniK, Antidot, Contextor...

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7 réponses
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  • Même problème avec les sr, pc, rp sur les réseau cuivre, par contre c'est idiot d'avoir choisi el point de mutualisation en dehors du nro. C'est bien beau d'avoir choisi gpon pour des questions de coût maintenant il faut assumer hein, sans déconner "sécuriser" des PMZ ... Les parisiens sont tellement déconnectés du reste de la france.
  • 
  • Encore faut-il que les opérateurs acceptent de se causer et exécutent la mutualisation.
    J'ai une réponse écrite de FREE de 2017 qui avoue "n'avoir jamais entrepris d'accord de mutualisation" avec Numéricâble. (depuis 2008, ouverture de la mutualisation)
    Je transmets cette lettre à qui n'en veut afin que nul n'en ignore.
    10 ans cette année qu'ils n'ont rien fait...
    Et bien sûr, la lettre se termine par: "Soyez assuré, cher abonné, que FREE fait tout pour votre satisfaction"..
    On voit comment..
  • 
  • Bonjour Pierre,

    Tous les réseaux FTTH ne sont pas construits avec du mobilier urbain et des PM de rue, le Département de l'Isère construit un réseau de 500 000 prises sans poser une seule armoire en localisant tous ses PMs dans la partie passive du NRO en bonne intelligence et bonne gestion du domaine public.

    Les armoires de rue ont TOUJOURS posé des problèmes de maintenance, il suffit de regarder les armoires numéricable.

    Le choix de l'armoire de rue est "imposé" sur les réseaux publics au travers des contraintes de financement de la MTHD et des arguments de certains opérateurs qui souhaitent que le PM soit localisé dans sa zone arrière (histoire de mieux louer son GC peut être ou de créer une autre barrière à l'entrée sans doute) et donc qui en font un préalable incontournable pour devenir client de ses réseaux.

    L'autre erreur pleinement assumée du régulateur est de permettre à tous les opérateurs d'intervenir dans ces armoires pour brasser .... c'est marrant mais il ne me semble pas qu'un opérateur ai jamais été autorisé à brasser dans un NRA ou un SR Orange. Je vous laisse imaginer le sac de noeud après quelques années de churn dans un PM et le coût du rebrassage complet de chacun de ces PM.

    Comme toujours sur ces sujets les gens qui prennent ces décisions oublient trois choses: l'histoire et le devoir de mémoire qui est associé, le retour terrain et l'expérience des gens qui depuis 20/30/40 ont déployés des réseaux et les exploitent mais surtout le fait que le pas cher ça coute cher. On construit le réseau de demain en ne réfléchissant jamais aux coûts d'exploitation, comme toujours c'est fait à la petite semaine. Pourquoi ne pas regarder juste de l'autre côté de nos frontières pour voir comment les réseaux sont déployés et s'en inspirer ...

    Bonne journée.

    Sébastien.
  • 
  • ... ces armoires de brassages ne servent elles pas aussi pour "mutualiser" toutes les maisons d'un ou plusieurs lotissements geographiquement compatible ?

    Qui a dit que la fibre ne permettait pas le raccordement des zone d'habitation diffuses.....
  • 
  • parlons clair et réalité opérationnelle :

    zéro défaut n'existe pas, chaque ouvrage a une part de vulnérabilité,
    il y a quantité d’armoires et d’équipements publics sur les trottoirs, poteaux…et il y a quantité d’exploitants d’armoires de ce type dans les RIP,
    donc il faudrait un SI inter opérateurs au niveau signalétique et numéro à appeler.

    le PM a été décidé par le régulateur afin de faire l’interface entre le cablage d’immeuble avec en principe une seule fibre par appartement, et la partie concurrentielle des réseaux où chacun peut investir, faire le lien entre ce PM et le central télécom qu’on appelle NRO,

    donc la fibre dans l’immeuble est ouverte à tous les opérateurs, chaque client peut prendre n’importe quel FAI, et c’est la jarretière an niveau du PM qui permet de faire le lien entre la fibre de l’immeuble et la fibre du FAI.

    C’est cette façon de faire qui avait été définie par le régulateur, donc un réseau partagé au niveau immeuble et concurrentiel en amont suivant la technologie de chacun (pt à pt, pon, xgspon, ngpon2..).
    Mais free (qui avait annoncé devenir l’opérateur de la boucle locale optique de la France) a mis tout le monde devant le fait accompli en posant 4 fibres par appartement, en laissant un toron de fibres en bas d’immeuble pour qui en veut, et en remontant directement au NRO sans passer par la PM.
    Si un des gros avait fait ça c’était 20M de pénalités et tout à refaire dans le mois qui suit, mais dans ce cas le régulateur discute, et donc ouvre la possibilité d’un système à géométrie variable : qui veut poser combien de fibres ? question posée tous les ans au fur et à mesure d’un déploiement ici ou là, et donc avec remise en question en cours..donc en ZTD on a des immeubles à 4 fibres, d’autres à 3, à 2, à 1 (une seule en ZMD).
    Pas de doute, on est en France.

    Quand à l’utilité du PM, c’est indispensable pour l’ouverture des réseaux. Car si chaque opérateur fait comme free, ça implique de multiplier le nombre de fibres en immeuble (et pavillons..). Ce n’est pas le coût d’une fibre ou 4 qui est très important, mais la connectique, les plateaux dans les PM…et les connecteurs mauvais..

    Mais surtout, on peut poser 4 fibres, mais si un 5eme opérateur veut faire du réseau, on fait comment sans PM ? il recable tous les immeubles ?
  • 
  • Par ailleurs, l’aberration du manque de nuance du régulateur est dans le fait d’imposer des règles sans connaissance terrain et d’exploitation, encore moins des règles technico-économiques d’emploi des solutions.

    Le régulateur a imposé que les PM soient à l’intérieur des immeubles en zones très denses et à l’extérieur en zones moyennement denses. Or la découpe ZTD et ZMD n’est pas la campagne profonde et les cœurs de grandes villes, c’est un découpage arbitraire entre le cœur de 100 villes et le reste. Donc avec un bâti tout à fait identique, des immeubles de taille équivalente, on peut passer d’une grande rue de ville avec PM à l’intérieur à la banlieue immédiate et sans différence visible avec des PM à l’extérieur (De même qu’il est imposé qu’il y a plusieurs opérateurs d’immeubles en ZTD et un seul en ZMD).

    La découpe est en fait en lien avec les conditions de financement : dans les ZMD il y a partage des coûts et donc des risques, donc concurrence entre opérateurs, alors qu’en ZMD il y a des offres de raccordements, et donc c’est l’investisseur qui prend le risque. Donc le régulateur a greffé mécaniquement la dépense publique (que le régulateur encourage, et donc là où il pourrait y avoir financement par les opérateurs).
    Une façon de faire financer les réseaux par la dépense publique vu que des opérateurs n’ont pas envie d’investir, donc l’assistant du régulateur au lieu d’encourager la vraie compétition (qu’est devenu le câbleur optique de la France ?).
    Car vu que le taux de pénétration du FTTH plafonne à 30% (la 3D a vécu), qui va investir 100 en ZMD pour se faire rétribuer sur 30% de raccordements (ou 20 s’il raccorde 10 pour lui) ?.

    A noter que certains opérateurs voulaient faire des PM de rue à 300 logements, d’autres à 1000, le régulateur a tranché : possibilité de faire à 300 mais posez les fibres supplémentaires pour remonter à 1000 (on n’est plus très loin du central), ce qui permet à l’opérateur de la boucle locale optique de France de n’avoir plus rien à faire…(les autres aussi mais le régulateur ne se cache pas qu’il est là pour aider les petits).

    Donc en résumé difficile de trouver de bonnes solutions d’ajustement sur un système bancale et pondu par des administratifs de l’anticoncurrence. Les PM qui pourraient être en immeuble à bâti identique seraient déjà bien mieux protégés, il faut aussi protéger les autres, tout comme il y a des armoires MED et quantité d’autres équipements et avec une signalétique tout opérateur ou équipementier.
  • 
  • Quand aux remarques sur les mesures pour une vraie concurrence et après ce que je viens d’expliquer sur la réalité du système, là c’est risible car on est à cent lieux de cette situation.

    Le régulateur reste dans la dissymétrie 20 ans après l’ouverture du monopole, pire en accentuant les règles d’assistanat de ceux qui ne veulent pas investir sur le dos de l’OH qui est obligé de louer à prix coutant tous ses nouveaux investissements.
    Il ne s’agit pas de défendre tel ou tel opérateur, mais de voir quel est le système optimal et ensuite que le meilleur gagne, le vrai.

    Car les effets pervers sont innombrables et contreproductifs, on créé le dumping territorial, la pénurie de couverture et les initiatives publiques extrêmement couteuses n’ont pas de résultats, les opérateurs ne viennent pas (pas leur cœur de métier des collectivités, mal conseillées, et surtout le système est mal construit, le sujet pris à l’envers, il faut parler de débit et non de techno).

    Si on veut une vraie dynamique concurrentielle, il suffit d’ouvrir les réseaux de façon symétrique (locations de fourreaux de fibres..) et chacun investit ou loue, et avec un tel système équitable on peut imposer comme sur le mobile, une couverture totale du territoire à tous les opérateurs sur fonds propres, avec une progression rapide en débits. Et je répète que si les 10 milliards déjà dépensés par les collectivités avaient été investis dans la montée en débit au bon endroit (pas forcément à la SR), on n’aurait plus aucun client inéligible et le débit serait de 20M min sur tout le territoire, 50M avec le VDSL, on en serait au coup d’après. On en est loin et pas pour demain, et avec 35 milliards sur les rails. Surtout qu’avec la 5G et une mutualisation probable fixe mobile radio, on garde quoi de e qui aura été fait ? Les léus ont beau vouloir imposer un monopole local avec leur RIP, un concurrent pourra courcircuiter ce qui a été fait.
    Mais le régulateur a dit : « j’ai décidé pour vous, c’est du FTTH éternel partout, mais comme c’est beaucoup trop cher pour vous, en attendant vous n’avez droit à rien », merci qui ?

    Au-delà de cet aspect évolution très rapide des technos quand certains raisonnent rails des chemin de fer à coté du sujet, le danger de cet enlisement dans la dissymétrie est d’une toute autre ampleur, voir l’autre bon article de ZDnet : http://caiaibo.com/actualites/fibre-gtt-acquiert-interoute-pour-19-milliard-d-euros-39864694.htm, et mes remarques sur les vrais enjeux et énormes risques liés à notre système aux antipodes de ce qu’il faut faire.

    mais continuez ZDnet, vous êtes les seuls à poser les vraies questions dans cet univers de contrevérités pour des intérêts particuliers tirés par le fait qu'on n'est pas dans un système concurrentiel.
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